Le Fantome du camp

Blanche de Montmollin

Le livre de 200 pages, comporte 30 pages sur le camp du Récébédou, dont un chapitre de 15 pages censé avoir été écrit par une suissesse, amie de Laurette Monet : Blanche de Montmollin. Or, cette dame n'est jamais allée au camp du Récébédou : il s'agit d'une mise en scène, d'une imposture.

Blanche de Montmollin ( juin 1918 - février 2007) sans profession, se serait engagée à la "Croix Rouge Suisse". Selon le livre " Les Miradors de Vichy", elle serait venue à Toulouse en 1942, où elle aurait rencontré Laurette Monet ( née en 1923 ). " Le personnel des œuvres intervenait au camp par intermittence la journée (si autorisé par la préfecture) et sortait librement le soir, à Toulouse (zone non occupée en août 1942) avec des personnes d'autres œuvres. C'est au cours de ces sorties nocturnes que Laurette Monet aurait pu rencontrer Blanche de Montmollin, celle-ci n'ayant pu venir passer 2 jours au camp hôpital du Récébédou, qui n'était pas un camp de vacances." Témoignage de ma mère, infirmière camp.

Cependant Laurette Monet, 52 ans plus tard, dans son livre, fait entrer son amie au camp du Récébédou. De la même façon, elle fera entrer sa mère au camp de Nexon en 1943, sans y être elle-même. Ces fictions visent à faire confirmer les contrevérités de l'auteure, par des témoins majeurs, afin de les rendre crédibles.

Blanche de Montmollin est dans le livre "Les miradors de Vichy", un prête-nom couvrant de son âge, les écrits farfelus de Laurette Monet afin de les valider, car l'auteur a la crainte permanente de ne pas être crue... sans doute à cause de ses mensonges démesurés. L'auteur utilise l'appartenance présumée de Blanche de Montmollin "à la Croix Rouge Suisse", et son âge, afin de faire pression sur le lecteur, de le mettre en confiance. En faisant comme si une autre personne écrivait dans son livre, Laurette Monet a un témoin, disant comme elle. En résumé, l'auteur met en place des stratagèmes alambiqués, pour nous obliger à la croire.

" Je laisse la parole à mon amie Blanche de Montmollin, déléguée de la Croix-Rouge Suisse à Toulouse, et qui un peu plus âgée vue moi et plus mûre, a su qu'elle devait écrire ce qu'elle voyait et en garder la trace..du fait de sa résidence hors du camp et de son appartenance à un pays neutre. " Laurette Alexis-Monet nous promène avec des gages d'authenticité peu convaincants, visant à faire diversion pour occulter le fait crucial que Mme Montmollin n'est jamais venue au camp du Récébédou. Quant à "la Suisse pays neutre"... on sait que ce "pays neutre", était aussi le coffre fort d'Hitler, échangeant son or en devises, ce qui a eu pour effet de prolonger la guerre, car sans argent, Hitler se serait effondré.

Dans son livre "Les Miradors de Vichy" Laurette Alexis-Monet intitule 1 chapitre " Deux jours à Récébédou - 22-24 août 1942" qui aurait été écrit par Blanche de Montmollin (soi disant venue au camp, le jour des déportations) et qui s'active, comme une abeille dans une ruche, auprès de personnes n'étant plus là pour dénoncer l'imposture. Or, l'entrée dans le camp (même pour 1h) était très réglementée et soumise à l'autorisation de la Préfecture, qui délivrait 1 laissez-passer, ou non. Au moment des déportations, personne d'étranger au camp hôpital n' y entrait, les visites sont interdites et les malades n'étaient plus autorisés à sortir, comme d'ordinaire.Témoignage infirmière du camp :"Le camp du Récébédou n'était pas un camp de vacances, dans lequel on venait passer 2 jours de week-end à sa guise."

Le 1er problème est posé par la venue de Mme de Montmollin, lors des déportations, où nul n'entrait dans le camp, ni n'en sortait. Le 2ème problème : le livre affirme que Mme de Montmollin a obtenu son laissez-passer pour le camp, mais ne publie pas sa copie. Le 3ème problème : la Croix Rouge Suisse est déjà représentée au camp par Melle Fournier, depuis le 1er janvier 1942, puis par Melle Heidi Mäder, en août 42. La Préfecture qui avait l'œil sur les œuvres (intrus juste tolérés ) n'autorisait pas plusieurs délégués de la même œuvre dans le camp-hôpital. Le 4ème problème réside dans une simple comparaison vérifiable par tous : il s'agit de comparer 2 textes écrits à 9 ans d'intervalle. L'imposture de Blanche de Montmollin est irréfutable !

En 1994, dans "Les Miradors de Vichy" ( chapitre " 2jours à Récébédou, 22-24 août 1942 " p 37 ) on lit que Blanche de Montmollin " a pu relater aussitôt et très précisément ce dont elle fût témoin" car " une chute sur les pierres du ballast, en portant un broc d'eau aux déportés l'a immobilisée " durant quelque temps. Le texte est signé de Blanche de Montmollin ( p 51 )

En 2003, Blanche de Montmollin, invitée par l'association AMAR, visite le Musée de la Mémoire du Récébédou, sur le site de l'ancien camp. La presse est convoquée pour l' accueillir...Or, dans " La Dépêche du Midi " du 19 juin 2003 ( Internet) Mme de Montmollin déclare "avoir été victime d'une chute de bicyclette, dans les 3 jours qui suivirent son passage à Récébédou" que cette " immobilisation forcée en 1942 lui aurait permis de relater aussitôt et très précisément, ce dont elle fût témoin."

Il est stupéfiant que Blanche de Montmollin ait oublié qu'elle était tombée, et s'était blessée sérieusement, en portant un broc d'eau aux déportés assoiffés, affamés, et entassés dans des wagons, le long des voies du chemin de fer de la gare de Portet-Saint Simon, en 1942 ! Si on a vraiment assisté à ce drame humain, ce ne sont pas des images qui s'effacent de la mémoire.

Conclusion : Si Blanche de Montmollin était réellement au camp du Récébédou, elle aurait su où et comment elle avait chuté en 1942 ! Si elle même avait écrit le chapitre "2 jours à Récébédou", dans le livre de Laurette Monet en 1993, elle aurait su où et comment elle avait chuté en 1942! Enfin, si elle avait juste lu le livre, avant sa venue au Musée du Récébédou en 2003, elle aurait pu y découvrir les circonstances de sa propre chute en 1942 !

On retrouve "l'immobilisation forcée" permettant de relater aussitôt et très précisément", ainsi que "la Suisse pays neutre", ( se voulant gages d'authenticité des textes ) mais on a 2 versions différentes des causes de l'accident présumé de 1942 ! De plus "l'accident" n'a pas lieu au même moment :

- dans la version de 1994, l'accident aurait eu lieu le jour des déportations "en portant un broc d'eau", donc le lendemain de l'arrivée présumée de Mme de Montmollin au camp du Récébédou.

- dans la version de 2003, l'accident aurait eu lieu " 3 jours après le passage présumé de Mme de Montmollin au camp du Récébédou, suite à une chute de bicyclette". Aucun rapport avec le camp et les déportations.

Une expression populaire dit qu'un menteur est toujours attrapé : ça se vérifie ici ! 75 après la guerre, Laurette Alexis-Monet est prise une fois de plus, les doigts dans le pot de confiture, ainsi que sa complice Blanche de Montmollin. Ces 2 versions différentes de "l'accident" de 1942 de Blanche de Montmollin démontrent qu'il n'a pas eu lieu, et sont la preuve absolue que Blanche de Montmollin n'a jamais posé les pieds au camp du Récébédou.

Ces versions opposées de l'accident, rappellent les versions divergentes de l'évasion de 1943 du camp de Nexon, prouvant l'invention. ( Voir chapitre "évasion" camp de Nexon.) Septuagénaire, Mme Alexis-Monet ment mais n'a pas la mémoire de ses mensonges. Elle omet aussi de consulter ses anciens faux témoignages, avant d'en faire un nouveau dans un livre, un film, dans une revue, dans la presse. Elle a été confondue par ses témoignages divergents, preuves immuables de contrevérités, vérifiables par chacun de nous.

Patrick Cabanel, historien contemporain, spécialiste du protestantisme, fût jusqu'ici utilisateur inconditionnel du livre "Les miradors de Vichy" dans ses ouvrages. Dans son livre " De la paix aux résistances " ( 2015 ) il optait pour la version du broc d'eau sur le ballast, plutôt que celle de la bicyclette...texte qu'il attribuait sans réserve à Blanche de Montmollin. En 2015, j'ai rencontré M.Cabanel, désormais informé sur les anomalies du livre.

Pour ses 2 jours présumés à Récébédou, il eut été impossible que Blanche de Montmollin ait pu voir autant de choses en si peu de temps...même un Inspecteur Général des camps, n'aurait pas pu ! La factice "Mme de Montmollin" entre dans le camp comme dans un moulin, est obsédée par le personnel médical, qu'elle calomnie d'emblée sans connaître, donnant une description inadéquate de l' infirmière des années 40, correspondant plutôt à un descriptif d'esthéticienne de 1980, voire de péripatéticienne !! (Coiffures vaporeuses, maquillage, faux ongles, vernis rouge vif...) Bref, aucun rapport avec nos photos des infirmières de l'époque, avec celles exposées au Musée de Portet, et au Mémorial de la Shoah, à Paris. Ma mère, infirmière au camp, a démontré que les contenus de ce " texte d'époque " ne dataient pas de 1942, mais de l'ère de la consommation...Du vernis à ongles en 1942, c'est très anachronique, car le produit est introuvable !

Mme de Montmollin de paille, évoque des actions non réalisables, par le personnel des œuvres, comme : "déjeuner au mess des infirmières", "visiter l'infirmerie" ou "entrer dans les baraques des malades"..Il faut penser qu'on est dans un camp-hôpital, avec des malades très contagieux, atteints souvent de multi pathologies incurables, l'antibiotique n'étant pas né. Selon la période, les représentants des œuvres étaient tolérés ou non dans le camp. A Récébédou, il y avait 7 œuvres, chacune avait un rôle précis et un lieu d'action défini, leur présence était très réglementée, elles n'avaient pas accès partout, ne devaient pas gêner le personnel médical, libre d'agir à tout instant dans l'intérêt du malade. Et contrairement aux fariboles de Laurette Monet, le personnel des oeuvres ne dormait pas dans le camp...très incompatible avec la méfiance du gouvernement de Vichy ! Il faut se replacer dans le contexte de l'époque, totalement nié par les récits excentriques de Laurette Monet, mineure faisant dans les camps à sa guise !!

Conclusion : Blanche de Montmollin n'est pas allée au camp du Récébédou, et de ce fait, n'a pu écrire de chapitre sur le Récébédou dans le livre de Laurette Alexis-Monet. 50 ans après les faits, introduire Mme de Montmollin au camp du Récébédou, et faire comme si elle écrivait dans son livre est un subterfuge présentant un double avantage pour l'auteur : rendre ses écrits crédibles, tout en masquant sa vanité omniprésente. Soudain, elle a un témoin de son pseudo "travail acharné" un témoin qui parle d'elle à la 3e personne, et qu'on va croire : " Ce soir là, Laurette est à bout de forces, ayant couru toute la journée, pour que ces couples ou ces familles, dont 1 membre est au convoi, soient réunis..." ou " Laurette vient en aide aux affamés, en prenant sur ses réserves privées."

Autrement dit, cette stratégie permet de crédibiliser le faux témoignage de l'auteur, en faisant valider par le témoin prête-nom (de Montmollin) des actes irréalisables dans un camp. Ex : "Après le dîner, tournée à l'infirmerie, côté hommes" ou " la mère d'un malade vient chaque soir changer son pansement " ainsi que des descriptions surréalistes d' infirmières " Petites poupées savamment maquillées, aux ongles en griffes, laqués de rouge " ou le comportement aberrant du personnel médical.

Les informations viennent des témoignages de ma mère, d'une autre infirmière du camp, et des archives départementales 31.

Par ailleurs, le personnage de Blanche de Montmollin est utilisé dans un autre chapitre du livre, pour garantir l'authenticité de fausses lettres envoyées du camp de Nexon, en 1942-43. Elle devient la destinataire fictive, dans sa résidence Suisse de " 28 lettres de Nexon" de son amie Laurette Monet...sans les avoir chez elle, sans jamais y répondre, et dont les originaux ont été dévorés par des rats faméliques, dans la propre maison de Laurette Monet ! ( Une histoire de fou .) Blanche de Montmollin est la complice passive de la mise en scène très inédite de Laurette Monet, dans l'histoire contemporaine : " Les lettres de Nexon. " ( Voir chapitre site.)

En 2003, Blanche de Montmollin, 85 ans, s'est rendue au musée du Récébédou, parfaitement à l'aise dans son rôle d'imposteur du camp de 1942, évoquant de façon réaliste "le bâtiment 19 de la Croix Rouge Suisse" disparu, suscitant par là même une grande émotion parmi les élus locaux, les membres de l'association AMAR, et devant l'assemblée qui l'écoutait...( Dépêche 19/6/2003 " Blanche de Montmollin nous parle.") Elle a joué ce rôle de faux témoin du camp du Récébédou durant quelques jours en 2003, tandis qu1 imposteur espagnol a tenu le rôle de faux rescapé du camp de Mathausen, durant 2 décennies ! Culot et endurance, semblent être des qualités majeures d' imposteur. Sur les jeux de rôles, on peut faire rapprochement avec une affaire criminelle actuelle : en janvier 2018, Jonathan Daval est démasqué comme meurtrier de sa femme, Alexia, alors que durant 3 mois, il a joué la comédie du "veuf éploré" ( vraies larmes à l'appui, visage déformé par la douleur, victime factice, présent aux recherches, aux marches blanches...) trompant sa famille, ses amis, les gendarmes... la France entière. Laurette Monet a aussi trompé ses proches, les historiens.. les lieux de mémoire, les élèves et les citoyens du pays lisant ses écrits.

Le livre " Les Miradors de Vichy" est un livre immoral, conçu sur les camps de la Shoah, pour tromper. Son mobile est la vanité extrême à peine déguisée. Il est le fruit de 52 ans d'élaboration, de montages farfelus, de trucages alambiqués pour obtenir un "rendu authentique"... Quant aux documents d'archive présents, ils sont falsifiés pour coller aux contrevérités du livre. Enfin l'auteure a dû patienter 52 ans pour publier après la mort des témoins, afin d'éviter contradictions, et plaintes, car elle utilise de vrais noms, dénichés aux Archives, de personnes qu'elle n'a pas connu, étant le fantôme du camp de Nexon.

Jonathan Daval était le gendre idéal, tout comme Laurette Monet était le témoin idéal des évènements de 1942-43. Personne ne s'est demandé pourquoi elle avait attendu 52 ans pour écrire et publier.

Laurette Monet est une romancière ayant une imagination débordante, une plume acérée, maitrisant parfaitement la littérature misérabiliste, comme le "faire pleurer dans les chaumières" et le pseudo don de soi... Laurette Alexis-Monet et Blanche de Montmollin, ont une conception singulière de l'authenticité. Il s'agit de l'association de 2 septuagénaires narcissiques, roublardes et vraisemblablement insatisfaites de leur existence réelle...dotées d'un certain charisme, à qui l'on donnerait le bon Dieu sans confession. Il leur fût donné lors de leur venue au Musée du Récébédou, l'une en fin de siècle, l'autre au début de l'an 2000.

Ce sont des escrocs de la mémoire et de l'Histoire, dont le but est de nous mener en bateau sur les camps-hôpitaux de 1942-43, afin d'en être les vedettes, et d'entrer dans l'histoire. C'est en bonne voie, puisque ces imposteurs féminins apparaissent dans des livres, ou films, véhiculés par historiens ou réalisateurs. Bref, des témoins qui au lieu de nous informer sur ces évènements de l' histoire contemporaine, s'avèrent être toxiques. Quel dommage !






Ci-dessous : Document ADHG Archives Départementale 31 - cote 1272 W11
«Etat des Comités et Œuvres de Secours représentées au Camp-Hôpital du Récébédou, avec un rapport succinct sur leur activité»
Sur l’une des 2 pages figure la Cimade : Comité Inter-Mouvements Auprès Des Évacués
Avec le nom de sa Représentante : «Melle Sénat»


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